Molécule
Les homologues du THC — THCB, THCJD et la famille alkylée
Les homologues du THC sont des molécules de la même famille dont la chaîne latérale est modifiée. La définition retenue par l’ANSM en 2024 les couvre : ils sont classés comme stupéfiants.
Les homologues du THC sont-ils classés en France ?
Oui. La décision de l’ANSM du 22 mai 2024 classe toute substance dérivée du noyau benzo[c]chromène substituée en position 3 par une chaîne alkyle, et en position 6 par un ou deux groupes alkyle. Les homologues du THC — THCB, THCJD, THCH — relèvent de cette définition. Le classement est entré en vigueur le 3 juin 2024 et a été confirmé par le Conseil d’État le 6 juin 2025.
Ce que c’est
Un homologue du THC est une molécule de la même famille dont la chaîne latérale a été raccourcie ou allongée. Le THCB, le THCJD et le THCH appartiennent à cette série.
L’ANSM raisonne sur les familles plutôt que sur une liste d’une+{\d} molécules : c’est ce qui permet de couvrir les dérivés qui n’existaient pas encore au moment de la décision.
La définition retenue par l’ANSM
La décision du 22 mai 2024 vise « toute substance dérivée du noyau benzo[c]chromène, qu’il soit non ou partiellement ou totalement hydrogéné sur le cycle A […] substitué ou non à un des endroits suivants du noyau ».
Parmi les positions citées, deux visent directement les homologues alkylés : « en position 3 par un substitut adamantyle ou par une chaîne alkyle, alkényle, alkynyle […] » et « en position 6 par un ou deux groupes alkyle ».
C’est pourquoi l’ANSM ne se limite pas à énumérer des molécules : elle écrit une définition. Conséquence directe : un analogue commercialisé après la décision n’échappe pas au classement pour la seule raison qu’il n’était pas connu le 22 mai 2024.
Son statut en France
Le 3 juin 2024, la décision est entrée en vigueur. Les exclusions du 3 juin 2024 portent sur des substances présentes à très faibles concentrations dans les produits issus du chanvre — CBN, CBNA, THCV et THCVA sous réserve de 0,3 %, THCA sous réserve du respect du seuil de THC. Les homologues alkylés n’y sont pas.
Le Conseil d’État a rejeté le 6 juin 2025 les recours de l’Union des professionnels du CBD et de plusieurs entreprises contre cette décision.
L’ANSM documente par ailleurs des intoxications graves liées à cette famille, avec vomissements, perte de connaissance, coma, convulsions, paranoïa, anxiété, hypertension artérielle, tachycardie et douleurs thoraciques pouvant évoquer un infarctus.
| Point | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Classement | Stupéfiants depuis le 3 juin 2024, au titre de la définition benzo[c]chromène de la décision du 22 mai 2024. |
| Production, vente, usage | Interdits en France depuis cette date. |
| Mécanisme retenu | Substitution en position 3 par une chaîne alkyle, et en position 6 par un ou deux groupes alkyle. |
| Jurisprudence | Conseil d’État, 6 juin 2025, n° 494779 : recours rejetés. |
| Risques documentés | Vomissements, perte de connaissance, coma, convulsions, paranoïa, anxiété, hypertension, tachycardie, douleurs thoraciques. |
Ce qu’il faut retenir
La loi française sur cette famille ne fonctionne pas comme une liste figée. C’est une définition de famille, ce qui la rend beaucoup plus large qu’un inventaire de sigles.
Un analogue inconnu au moment de la décision n’échappe pas au classement. C’est la différence entre une règle écrite en molécules et une règle écrite en structure.
Pour un professionnel : un dossier d’achat qui cite une structure chimique plutôt qu’un sigle est un dossier qui vous protège.
Aller plus loin
THCP — un analogue à chaîne propyle, nommé par l’ANSM.
THC-O — les esters du THC, classés depuis 1990.
Δ8-THC — les isomères de position, classés depuis le 3 juin 2024.
Toutes les molécules du cannabis — le tableau complet des statuts en France.